Les dangers des chenilles processionnaires : comment protéger son chien ?

Au retour du printemps et des journées ensoleillées, tout propriétaire de chien est avide de profiter à nouveau de longues balades en forêt avec son compagnon. Malheureusement, cette période est aussi synonyme de l’arrivée des chenilles processionnaires et s’avère donc risquée.

Les chenilles processionnaires peuvent être mortelles pour le chien

Présentes sur plus de 80% du territoire français, elles peuvent devenir un danger pour les animaux en cas de contact ou d’ingestion.

Alors comment limiter les risques pour son chien, et comment réagir en cas d’urgence ? Voici quelques conseils à suivre en cas de rencontre malheureuse avec ces petites bêtes.



Comment reconnaître la chenille processionnaire ?

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa. Elle mesure jusqu’à 4 cm de long, sa tête est noire et son corps d’un brun foncé parsemé de petites taches rougeâtres, tandis que la partie ventrale est jaune.

Elle est couverte de près d’un million de petits poils invisibles et très urticants, qu’elle peut libérer lorsqu’elle se sent menacée.

Reconnaitre les chenille processionnaires du pin

Vivant en colonie de plusieurs centaines d’individus dans un cocon tissé de soie, elle se nourrit pendant tout l’hiver des feuilles de l’arbre devenu hôte.

On parle souvent des chenilles processionnaires du pin, mais elles peuvent aussi se trouver dans les cèdres ou les arbres dits « feuillus » comme les chênes.

Comme l’indique leur nom, elles se déplacent toujours en file indienne, et c’est d’ailleurs ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de nos quatre pattes un peu trop curieux.



A quelle période et à quels endroits risque t-on de croiser des chenilles processionnaires ?

Dès les premières journées chaudes de l’année (en février parfois) et jusqu’à fin juillet selon l’espèce, le risque de croiser ces chenilles est présent. C’est en effet la période de la procession de nymphose.

Elles descendent de leur arbre hôte en file indienne pour aller, jusqu’à 40 mètres plus loin, s’enfouir dans le sol et continuer leur transformation en devenant chrysalide.

Une fois qu’elles ont quitté l’arbre, il n’y a donc plus de risque de les voir revenir (jusqu’à l’année suivante).


Présentes sur tout le pourtour méditerranéen et le long de la côte atlantique, on peut les trouver maintenant jusqu’en région parisienne du fait de la hausse générale des températures.


Répartition des chenilles processionnaires en 2018

Vous devez donc être vigilent lors de vos déplacement presque partout en France et en Corse, mais aussi à l’étranger : Espagne, Portugal, Italie, Maroc.



Quels sont les dangers pour le chien en cas de rencontre avec des chenilles processionnaires ?

La chenille processionnaire, si elle se sent excitée ou menacée, va relâcher des milliers de poils urticants, invisibles à l’œil nu et très volatiles, contenant une toxine très puissante appelée la thaumatopoéine.

Au contact des muqueuses et de la peau, ils provoquent irritations et réactions allergiques ainsi que lésions, brûlures importantes et ulcères.


➡️ Si des poils ont été au contact de la langue, celle-ci va alors gonfler de manière très importante, changer de couleur et commencer à se nécroser. La partie touchée par la nécrose (noircie) finira par tomber.

Au cours du suivi médical, si le vétérinaire constate que la nécrose continue de s’étendre, il devra amputer une partie de langue.

Mais si la nécrose est trop avancée et touche toute la langue, le chien ne pourra plus manger ni boire. Le vétérinaire sera alors malheureusement dans l’obligation d’euthanasier l’animal.

Inflammation de la langue du chien suite à un contact avec des chenilles processionnaires.

➡️ Si des poils urticants sont inhalés et atteignent poumons et bronches, des difficultés respiratoires graves peuvent se manifester.

➡️ Si le chien marche sur une procession de chenilles, ses pattes peuvent être sévèrement brûlées, surtout si il a peu de poils pour le protéger.

➡️ Enfin, dans de rares cas d’ingestion de chenilles processionnaires, le chien peut faire un choc allergique (dit anaphylactique) et décéder.


Les troubles impressionnants provoqués par le contact avec des chenilles processionnaires peuvent parfois faire croire à tort que le chien s’est brûlé ou a ingéré une substance toxique. 

Il convient donc de pouvoir reconnaitre les symptômes et savoir comment réagir.



Comment savoir si mon chien a été en contact avec une chenille processionnaire ?

En général, les poils urticants de la chenille atteignent le nez du chien, les babines, la langue ou les yeux.

Les symptômes apparents sont :

  • Une toux ou des éternuements
  • Une hyper-salivation
  • Des vomissements
  • Un gonflement très important (oedeme) et une inflammation des zones atteintes (babines, gorge, truffe, oeil)
  • Un changement de couleur pour la langue : du rouge vif, au violet jusqu’au noir (nécrose)
  • Des difficultés à manger et boire
  • Un état d’abattement général de l’animal dû à la douleur

Le chien va alors certainement essayer de se frotter le museau et les babines à cause de l’irritation.



Comment agir si mon chien a été en contact avec une chenille processionnaire ?

Si votre chien a été exposé à des chenilles processionnaires et présente l’un des symptômes cités précédemment (vomissements, langue enflée, brûlures,…) , sachez qu’il s’agit d’une urgence médicale et que votre chien souffre, vous devez donc agir immédiatement.

Contactez votre vétérinaire habituel, ou celui situé le plus près possible.


Dans l’urgence, vous pouvez effectuer les gestes de premiers secours suivants, en pensant à vous protéger vous aussi des poils urticants (port de gants, manches longues voire masque) :

  • Rincez abondamment la zone touchée (gueule, truffe, yeux) avec de l’eau afin d’éliminer un maximum de poils urticants
  • Faites-lui lécher de la glace ou des glaçons pour réduire le gonflement si la langue est atteinte
  • Évitez de frotter les zones touchées pour ne pas casser les poils et les répandre encore plus.

Une fois pris en charge par le vétérinaire, celui-ci pourra administrer des corticoïdes à action rapide pour l’inflammation ainsi que des anti-histaminiques et antidouleurs pour réduire les effets du choc.

En complément du traitement prescrit, vous pouvez aussi utiliser l’homéopathie (Urtica urens 5CH et Apis 5CH ) et la phytothérapie (curcuma) pour limiter l’inflammation et soulager la douleur.


La rapidité de votre intervention peut donc grandement aider à sauver votre chien, mais comme on dit : « mieux vaut prévenir que guérir« .



Comment limiter les dangers liés aux chenilles processionnaires ?

Vous pouvez faire quelques gestes pour minimiser les risques d’exposition aux chenilles urticantes et protéger ainsi votre chien :

Évitez de vous promener près des zones où vous avez connaissance de la présence de nids de chenilles. Pour les repérer, cherchez les cocons ou des touffes d’aiguilles de pin jaunies (elles s’en nourrissent).

✅ Si votre chien a tendance à être trop curieux, gardez-le en laisse ou en longe pour l’empêcher de marcher ou renifler aux endroits risqués

✅ Si vous constatez la présence d’un ou plusieurs nids dans votre jardin, contactez rapidement la mairie ou des professionnels (éradicateurs) pour les faire enlever ou poser un piège. Car même si vous ne voyez pas de chenilles déambuler dans votre jardin, un nid installé dans l’un des arbres environnements constitue un vrai danger, puisqu’elles relâchent aussi des poils qui sont transportés par le vent.


Pour en savoir plus, consultez la page du site de l’Inra dédiée aux méthodes préventives et curatives contre les infestations de chenilles processionnaires.

Il existe des méthodes écologiques pour se protéger des chenilles processionnaires, comme les pièges.

Les risques cités pour les chiens sont les mêmes pour les chats, la prudence est donc de mise pour tous vos animaux de compagnie.



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